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Il faut qu'on parle de Kevin (Littérature étrangère)

Category: Livres,Romans et littérature,Littérature anglaise

Il faut qu'on parle de Kevin (Littérature étrangère) Details

À la veille de ses seize ans, Kevin Khatchadourian a tué sept de ses camarades de lycée, un employé de la cafétéria et un professeur. Dans des lettres adressées au père dont elle est séparée, Eva, sa mère, retrace l'itinéraire meurtrier de Kevin. Elle se souvient qu'elle a eu du mal à sacrifier sa brillante carrière pour devenir mère. Qu'elle ne s'est jamais faite aux contraintes de la maternité. Que dès la naissance elle s'est heurtée à un enfant difficile. Que l'arrivée de Celia, petite sœur fragile et affectueuse, n'a fait que creuser le fossé entre mère et fils. Qu'elle aura passé des années à scruter les agissements de Kevin sans voir que son ambivalence envers lui n'avait d'égale que la cruauté et la malveillance du rejeton. Et, quand le pire survient, Eva veut comprendre : qu'est-ce qui a poussé Kevin à commettre ce massacre ? Et quelle est sa propre part de responsabilité ?Orange Prize 2005

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Un couple heureux, amoureux, professionnellement bien assis, libre de sa vie et de ses choix..Le décor est planté..Et puis l??horloge tourne?sans accord tacite établi dès le départ, il faut se rendre à l??évidence, l??un des deux devra faire quelques concessions afin que l??harmonie perdure?Sauf que là, il s??agit d??avoir un enfant?Et il s??agit d??une femme loin d??être prête à en avoir un?Les crispations commencent dès l??annonce de la grossesse, et l??on assiste ensuite à un véritable fiasco parental. Naturellement empathique et mère également, j??ai tenté de me mettre à la place d??Eva Khatchadourian,et je dois avouer que,primigeste,certaines de ses angoissantes questions classiques, je me les suis posées aussi... « ?moins de temps pour tous les deux?Devenir une grosse vache? Vie sociale : Néant? » (sic)..Mais si Eva s??est persuadée que le fameux déclic maternel allait venir en même temps que l??enfant paraîtrait, elle,elle a vite déchanté. « ..Quel que soit le déclencheur, il n??a jamais fonctionné pour moi? »Nous voici alors dans le vif du sujet, après un accouchement particulièrement éprouvant, Eva devient physiquement mère, psychologiquement suspicieuse, aigrie et totalement étrangère à son propre rôle. « ?A l??instant précis où il est né, j??ai associé Kevin à mes propres limites?celles de la défaite.. »S??en suivent 500 pages de déni de parentalité, d??hostilité réciproque entre mère et fils aux côté d??un père totalement dépassé par cette complicité haineuse et claquemuré dans une parodie de bonheur conjugal et filial, d??incompréhensions diverses et variées , de toute une accumulation de non-dits, de mensonges et de faux-semblants qui conduiront immanquablement à la destruction totale d??une famille et à l??indicible?Si Lionel Shriver aborde ce sujet délicat : « ..coupable d??incompétence émotionnelle.. », elle pointe également du doigt bien des aspects sociétaux ancrés dans toutes les sociétés occidentales : comment concilier la réussite professionnelle et la maternité ? La pensée collective supplante t??elle celle de l??individu ? Jusqu??à quel point une mère doit-elle se rendre responsable des actes de son enfant ? Où se situe la limite du supportable ? D??ailleurs,y-a- t-il une limite ? Des fois que nous serions tentés de douter, c??est l??occasion de replonger dans les essais Rousseauistes promulguant comme une loi universelle que l??Homme, par nature, naît bon?Et donc, puisque nous sommes aux Etats-Unis : Quid du second amendement ?...je laisse chacun à chacun(e) son libre-arbitre après avoir pris soin d??aller jusqu??au bout de ce livre?Je dois avouer que si j??ai spontanément rejeté ce comportement maternel qui ne me ressemble pas, j??ai choisi, petit à petit, de me glisser dans ce rôle de mère « indigne » pour tenter d??en comprendre les motivations..comme Eva le dit elle-même « ..probablement existe-t-il autant de nuances précises du vulgaire et du somptueux, afin qu??un esprit plein de dégoûts ne soit pas interdit d??un certain raffinement? »Quant aux motivations de Kevin, si les pistes sont nombreuses, la réponse, elle, reste ouverte, à chacun(e) de se faire sa propre opinion..dans sa vision « ?le monde est divisé entre ceux qui regardent et ceux qui sont regardés, le public est de plus en plus nombreux, et il y a de moins en moins de choses à voir? »J??ai trouvé la lecture à plusieurs niveaux extrêmement intéressante, le mauvais et le mal sont omniprésents dans ce livre à bien des égards et dans des dimensions aussi variées qu??il y a de contextes et de responsables :La société est moche : « ?ils ont puni les poètes, les sportifs au sang chaud, ceux qui aimaient les tenues vestimentaires morbides. Quiconque avait un surnom jazzy, une imagination extravagante, ou un carnet mondain pas franchement reluisant ?devenait suspect? » Cette vie de famille est moche, cette mère a des pensées moches et son fils a fait des trucs très,très moches ?Malgré tout, je n??ai pas réussi à accabler totalement cette femme ,elle s??en est chargée toute seule, j??ai trouvé quelques clés pour comprendre cette histoire mais il me semble que c??est à chacun(e) de choisir ce qu??il(elle) a envie de ressentir en lisant ce livre ,et donc de se diriger vers un jugement des faits qui lui sera tout personnel?

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